Juste à côté de la cathédrale, en face de la tombe (vide car ses restes sont rapatriés en France) de Saint-Louis, se trouvent les vestiges du plus important quartier de la ville. Il n'en subsiste que quelques fondations et quelques fragments de colonnes, mais on peut y mesurer la puissance qui émane alors de la cité : site immense, grands espaces, vues panoramiques et organisation des rues.
Le musée de Carthage, très didactique et situé sur le site, permet au visiteur de se rendre compte de l'ampleur de ce que sont alors ces installations : Il est recommandé de revisiter les ruines après être passé au musée afin de percevoir la grandeur de la cité avant qu'elle ne soit anéantie par Rome.
Carthage est fondée par des colons phéniciens de Tyr en 814 avant J.-C.. D'après la légende, ce serait la reine Élyssa (appelée Didon par les Romains), sœur du roi de Tyr, Pygmalion, qui fonde la cité. Elle devient une puissance dominante en Méditerranée occidentale au IVe siècle av. J.-C..
Ce sont les Carthaginois qui introduisent le glaive court en fer dans le bassin méditerranéen, car

jusqu'alors, les guerriers s'affrontent à l'aide de lances et de frondes. Carthage conquit l'Espagne ainsi que la Sicile où ils se heurtent aux Romains.
Une série de trois conflits entre les deux puissances, les guerres puniques (les romains les nommaient poeni), débutent au IIIe siècle av. J.-C. et se terminent avec la victoire de Rome et la destruction de Carthage en 146, après un siège de trois ans.
Après une tentative avortée des Gracques, Jules César fonde par la suite une cité romaine sur les ruines de l'ancienne ville punique, Colonia Julia Karthago. Celle-ci devient la capitale de la nouvelle province d'Afrique. Au Bas-Empire, la cité, gagnée au christianisme, subit les persécutions impériales. Carthage est au IVe siècle l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident.
Carthage est conquise en 439 par les Vandales, menés par Genséric. L'Église est victime de persécutions et est particulièrement meurtrie. La reprise par les Byzantins (Empire romain d'Orient) en 533 ramène la prospérité à la capitale d'Afrique. L'empereur Justinien Ier en fait le siège de son diocèse d'Afrique, mais à la suite de la crise monothéliste, les empereurs de Byzance, opposés à l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage qui devient le siège d'un exarchat. Carthage donne à Constantinople une lignée d'empereurs à la suite d'Héraclius, fils de l'exarque de Carthage.
À l'époque des invasions arabes, Carthage est en proie aux maladies. Les Arabes prennent la ville. Ils lui préfèrent Tunis, la cité voisine, qui donne son nom au pays, celui d'Afrique désignant désormais le continent entier. Carthage ne connaît plus jamais sa gloire d'autrefois.
Les Carthaginois pratiquent un culte polythéiste originaire du Moyen-Orient. Ils vénèrent Baal et Moloch. On les accuse longtemps de sacrifier des enfants (molk), ce qu'il convient de nuancer.